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Joussour : des associations au service de l’enfance

La Convention Internationale des Droits de l’Enfant (CIDE) ratifiée par l’Algérie et la France établit leurs droits. Droits à l’éducation, à la santé, à la culture, au jeu, à l’égalité, à la protection, à l’identité, à l’expression… Depuis 2008, Joussour a directement soutenu 146 projets dont 61 dédiés à la cause de l’enfance. Ces projets visaient à promouvoir des dispositifs de prise en charge d’enfants en situation de vulnérabilité mais aussi à faire, globalement, progresser leurs droits et leurs accès à l’éducation formelle et/ou non formelle, à la culture, aux loisirs et au jeu, à l’expression, à la santé, à la protection… Au total, ce sont près de 68 000 enfants âgés de 0 à 12 ans qui ont bénéficiés de ces actions.

Une progression des droits

La progression des droits culturels s’est notamment articulée autour du développement de bibliothèques fixes et mobiles tant en zones rurales qu’urbaines. Les espaces dédiés à cette activité ont souvent abrité, en parallèle, la mise en œuvre d’activités théâtrales, de jeux, d’expression ou de soutien scolaire. Idles, Tudert, l’Etoile Culturelle d’Akbou, Taddukli, Anwar Souf, Ciné + et le Petit Lecteur ont ainsi facilité, sur leurs territoires, l’accès des enfants à la culture, à l’expression et à l’éducation non-formelle.

D’autres acteurs associatifs ont également fait progresser de manière notable l’accès aux droits d’enfants en situation de handicaps mentaux et/ou physiques en développant des activités de loisirs, en luttant contre la stigmatisation dont ces enfants et leurs familles sont parfois victimes mais aussi, en améliorant la qualité de leur prise en charge. IMC-NOUR, WAFA, la FAPH, TEJ, alliés aux associations françaises Coup de soleil, Handicap International, Santé Sud et Solimed, en fonction des projets qu’elles portaient, ou bien encore, plus localement, l’APIMC, le Défi Seddouk et AWIT ont grandement favorisé la progression des droits de ces enfants et de leurs familles. Ces associations ont contribué, sur leurs territoires et au-delà, à la création du métier d’auxiliaire de vie scolaire dédié à accompagner et à favoriser l’inclusion de ces enfants à l’école mais aussi à affermir les liens entre leurs familles. Elles ont fait preuve d’ingéniosité en développant des dispositifs de prise en charge pluridisciplinaires adaptés et innovants.

Certaines organisations se sont quant-à elles attachées à sensibiliser les enfants à leurs droits pour qu’ils en aient conscience et puissent également les défendre. Ce faisant, ils les ont sensibilisés à la citoyenneté, à leurs responsabilités et au rôle actuel et futur qu’ils peuvent jouer dans la société en s’engageant, par exemple, dans la défense de l’environnement. Les projets portés par les SMA de Bouira et de Biskra, Ikhoulaf, AAJ Azar ainsi que l’école des droits de l’enfant implantée par le réseau NADA en témoignent.

Le développement de services de proximité

Au-delà des bibliothèques fixes, mobiles et des centres de prise en charge d’enfants en situation de handicap, nombre de services de proximité au bénéfice des enfants et de leurs familles ont été créés et pérennisés. Il en est ainsi de la crèche et de l’école de la citoyenneté implantées par l’association El Ghaït, mais aussi du mur d’escalade et de l’aire de jeux construits par le Club sportif Haizer Mimouna ou bien encore des animations en milieu hospitalier portées par LALEEMH et des sorties organisées par El Amel. Ce faisant, ces associations, sur leurs territoires, contribuent à renforcer des liens sociaux parfois fragilisés.

La jeunesse au service de l’enfance

Les associations ou groupes de jeunes ont été particulièrement actifs dans la mise en œuvre d’actions de solidarité avec des groupes d’enfants défavorisés. Ces engagements citoyens se sont matérialisés sur différents territoires. Un groupe de jeune, sous le tutorat de Cirta oxygène à Constantine, a ainsi organisé, pendant deux étés, pour des enfants orphelins placés en institution, des sorties et des activités ludiques. Ce type d’activité a également été mis en œuvre par le groupe de jeunes Act’Or dans les centres pour enfants Infirmes moteurs cérébraux de l’association IMC-Nour. Ce groupe a, par ailleurs, rallié à cette cause de nombreux étudiants ainsi que les autres associations de jeunes d’Oran et Jeunesse +, à Alger, a organisé la parade des droits de l’enfant dans le quartier des Eucalyptus en mobilisant les jeunes du quartier et en facilitant le dialogue avec l’Assemblée Populaire Communale. Ils se mobilisent également dans l’animation de l’espace public à l’exemple de le l’association SMILE qui avait soutenu la création artistique en offrant à de jeunes chanteurs la possibilité d’enregistrer leurs titres et organisé des concerts, collectant ainsi des fonds destinés à financer les activités d’animation qu’ils mettaient en œuvre au profit des enfants placés en institutions ou hospitalisés. Associations et groupes de jeunes se mobilisent donc quotidiennement ou plus ponctuellement au service de l’enfance.

Des dialogues fructueux avec les pouvoirs publics et un engagement résolument citoyen

La qualité de ces actions et leur pérennité sont intrinsèquement liées à la qualité de dialogue que les associations ont su développer avec les pouvoirs publics locaux, régionaux, nationaux et avec les services déconcentrés de l’Etat. Certains des dispositifs et espaces d’accueil d’enfants ayant des besoins spécifiques ou pas, développés par les associations ont ainsi été, pour partie, institutionnalisés ou dupliqués. D’autres se maintiennent via le détachement de professionnels de l’action sociale ou de la santé. Dans le secteur de la Protection, le projet « Je t’écoute » porté par NADA et soutenu par Joussour en 2008 est désormais pérennisé. Le réseau NADA compte désormais 150 associations membres engagées dans la protection de l’enfance et assure une interface essentielle avec les services sociaux, de police et de justice responsables de la protection de l’enfance.

Si le soutien des pouvoirs publics sur la durée est fondamental, la pérennité de ces services repose également sur l’implication de bénévoles jeunes et moins jeunes qui s’engagent dans l’action associative, qui apportent leurs savoir-faire mais aussi grâce aux dons de particuliers, voire d’entreprises, qui soutiennent ces services de proximité socialement utiles.